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Belgique

Conjoncture

Cette rubrique présente les principales données macro-économiques sur la Belgique

La conjoncture économique belge

Source : Jean-Charles Hirondel, Directeur de la Mission Economique de Bruxelles et des Services économiques Benelux

Selon les statistiques belges (source GTIS), les importations belges ont atteint 294 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2010 et les exportations 310 milliards, ce qui conforte le solde légèrement positif de la balance commerciale belge.

La France est le 3ème fournisseur de la Belgique (derrière les Pays Bas et l’Allemagne) avec 33 milliards d’euros en 2010 et son 2ème débouché (derrière l’Allemagne mais devant les Pays Bas) avec 58 milliards d’euros. Globalement, les importations belges en provenance de France ont augmenté de 12,6% en 2010 alors que les exportations belges vers la France n’ont progressé que de 10%, ce qui est insuffisant pour permettre à notre solde, qui reste négatif aux environs de 18 milliards, de s’améliorer sensiblement. Le déficit commercial de la France avec la Belgique s’explique notamment par le poids des produits pétroliers (qui, en valeur, ont progressé de 23,3% en 2010), des produits pharmaceutiques (+6%) et des métaux ferreux (qui augmentent de 22,8%),...

En 2009, les importations et les exportations belges avaient très sensiblement baissé en raison de la crise (respectivement de -20,4% et de -17,35% par rapport à 2008). La Belgique étant un pays importateur, transformateur et exportateur, c’est toute son économie qui avait été affectée. Les échanges avec la France s’étaient mieux maintenus puisque les importations belges de France n’avaient baissé que de 15,1% et les exportations belges vers la France de 16%, alors que les échanges avec les Pays Bas et l’Allemagne baissaient de plus de 20%.  En 2010, le commerce extérieur du Royaume s'est sensiblement redressé puisque les exportations belges ont progressé en valeur de 17,2% et les importations de 16,7%.

Malgré le redressement des échanges en volume, ceux-ci restent inférieurs au niveau atteint en 2008. En revanche, le renchérissement des matières premières, notamment des produits pétroliers (dont les prix unitaires ont progressé de +36% en 2010) et des métaux (+ 15% pour les métaux ferreux et + 73% pour le cuivre) explique la forte augmentation des échanges en valeur.

Le redressement des importations concerne notamment certains secteurs comme les véhicules terrestres dont les importations progressent, en 2010, de 24,5% en volume et de 14% en valeur. Cette reprise est particulièrement importante pour la France puisque les véhicules (essentiellement automobiles) représentent 16,9% en valeur des importations belges en provenance de France et que celles-ci ont progressé de près de 21% en 2010. Les automobiles, qui représentent 7% des exportations belges, progressent également en 2010 mais plus faiblement (+8%).

 

 

Les importations belges de produits pharmaceutiques augmentent d’un peu plus de 2% en 2010 mais les importations en provenance de France progressent de près de 40% en valeur entre 2009 et 2010. Ceci est particulièrement important puisque les produits pharmaceutiques représentent 13,7% des importations belges en provenance de France.

Parallèlement, les importations agroalimentaires qui avaient peu souffert de la crise en 2009, progressent de 5% en 2010. Toutefois, la France ne progresse que de 2,3% en 2010, contre 8,7% pour les Pays Bas et 4% pour l’Allemagne.

En revanche, d’autres secteurs continuent de souffrir comme les vêtements, puisque les importations de la Belgique continuent de baisser de 7,6% en 2010. Les importations de vêtements en provenance de France baissent, quant à elles, de 16% en 2010 (alors qu’elles avaient déjà baissé de 5% entre 2008 et 2009).

 

Les exportations belges se redressent également. Les exportations agroalimentaires belges progressent de 5%. Certains secteurs, comme les produits pharmaceutiques (plus de 12% des importations belges), progressent de près de 4% en 2010.

L’activité de réexportation via, notamment, le port d'Anvers, qui avait fortement chuté en 2009, est également repartie mais elle est encore loin d’atteindre son niveau d’avant la crise. 

Parmi les destinations export, il faut noter l’importance croissante prise par certains pays tiers comme les USA, l’Inde, la Chine et la Russie qui absorbent désormais près de 11% des exportations belges et dont le poids a progressé de près de 40% en 2010. Les 6 plus gros marchés de la Belgique (Allemagne, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Italie et Espagne) continuent de représenter l’essentiel des débouchés mais leur poids passe de 64,39% à 61,75% entre 2009 et 2010. Les exportations vers ces 6 pays n’ont progressé que de 12,45% sur les 12 mois 2010, contre 17,25% sur l’ensemble des destinations. La Belgique affiche une réelle volonté de développer ses exportations vers les BRIC mais celles-ci restent concentrées, pour les trois quarts, sur les grands marchés de l’Union Européenne, dont la croissance a souffert en 2009-2010 et sur lesquels la Belgique enregistre un problème de compétitivité en termes de coûts salariaux et de compétitivité structurelle. La Belgique possède, en effet, un système d’indexation automatique des salaires qui alimente l’inflation, pèse sur la compétitivité des produits et des services belges et affecte naturellement les exportations belges (qui progressent notamment moins vite que les exportations néerlandaises et allemandes). La Belgique souffre également d’un manque de compétitivité structurelle. En effet, l’industrie belge se caractérise par une surreprésentation de branches d’activité consommatrices d’énergie, comme la métallurgie et la chimie ainsi que par une spécialisation dans les premiers stades de transformation des produits et dans des secteurs à faible intensité technologique. De ce fait, les industries belges, et par voie de conséquence les exportations, sont très fortement impactées par les prix de l’énergie. D’autre part, même si les objectifs sont ambitieux dans ce domaine, la Belgique n’affiche des dépenses en R&D qui ne représentent que 1,9% du PIB en 2008, contre 2% dans l’UE à 15, et un peu plus de 2% en France. De ce fait, la part des exportations de haute technologie dans le total des exportations ne représente que 7% pour la Belgique contre 18 % pour la France.

 

Pour la France, la Belgique reste un partenaire extrêmement important puisqu’elle a été, sur les 12 mois 2010, son 3ème marché extérieur derrière l’Allemagne et l’Italie (avec 29 milliards d’euros en 2010) et son 3ème fournisseur derrière l’Allemagne et la Chine (avec 35,5 milliards d’euros).

La Belgique est le 4ème client de la France pour les automobiles (derrière l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie), le 1er marché pour les produits pharmaceutiques (loin devant les USA, l’Allemagne et l’Italie), le 2ème débouché pour les métaux ferreux (derrière l’Allemagne mais devant l’Espagne et l’Italie). Elle est le 3ème marché de la France pour les plastiques (derrière l’Allemagne et l’Italie) et le 4ème marché pour les boissons (derrière les USA, le Royaume Uni et l’Allemagne). La Belgique n’arrive en revanche qu’à la 7ème place pour les machines, chaudières et engins mécaniques et pour les machines et engins électriques.

La Belgique est également un fournisseur très important pour la France puisqu’elle est son 2ème fournisseur de combustibles fossiles (juste derrière la Russie), son 1er fournisseur de métaux ferreux (juste devant l’Allemagne), son 2ème fournisseur de plastiques (derrière l’Allemagne) et son 4ème fournisseur de produits pharmaceutiques (derrière l’Allemagne et les Usa). 

 

Deux facteurs ont eu un effet sur les échanges en 2010. Le premier tient à la sortie de crise qui s’est fait attendre et qui a davantage incité les ménages à épargner qu’à consommer. Ceci a eu une faible incidence sur le secteur alimentaire car le Belge est un épicurien et un gourmet qui a dans l’ensemble maintenu ses achats alimentaires, considérés comme des biens de 1ère nécessité, tout en faisant davantage attention aux prix. En revanche, les achats dans les domaines du mobilier, des équipements électroniques et de l’habillement, ont continué à souffrir et les exportations françaises ont continué de baisser en 2010 dans ces secteurs. L’incertitude politique belge a eu peu d’effet sur le consommateur lui-même mais elle a parfois retardé les décisions concernant les contrats publics dépendant de l’administration fédérale. L’on assiste, début 2011, à une inversion de tendance sur le front du chômage qui aura très certainement un effet positif sur le moral des Belges et sur la consommation. Celle-ci devrait repartir et profiter du niveau élevé d’épargne des ménages belges.

 

Dans ce contexte, la Belgique conserve toute son attractivité pour les exportateurs français car c'est un pays structurellement importateur, un marché de proximité, solvable et relativement facile à aborder pour les exportateurs français, notamment pour les primo-exportateurs. C'est pourquoi UBIFRANCE continue de programmer de nombreux salons et rencontres : France-Gourmets, Horeca Life, Tavola, Rendez-vous vins et spiritueux, Megavino, rencontres produits bio/naturels, salon de la franchise, salon de l’environnement, salons dans le domaine de la décoration intérieure et des tissus d’ameublement, rencontres « monde de l'enfant », habillement-stylisme, éco-construction,…